L'Image revenante | MAH – Fondation la Caixa

L'Image revenante | MAH – Fondation la Caixa

Vanna Karamaounas
2 avril 2025

Invitée par le Musée d'Art et d'histoire (MAH), la Fondation "la Caixa", offre au travers de l'exposition L'image revenante une nouvelle occasion pour le musée de mettre en avant une prestigieuse collection privée.

 

Le Musée Rath oriente ses expositions sur des collections privées ou publiques avec sa programmation centrée sur les expositions patrimoniales.

Peut-être aviez-vous vu Loving en 2023 ? Le MAH avait présenté, dans le bâtiment de la Place Neuve, la collection consacrée au thème de l’amour au masculin rassemblée par Hugh Nini et Neal Treadwell. Ce couple américain avait amassé plusieurs milliers de photographies de 1850 à 1950 sur le sujet.

L’invité du moment du MAH, c’est la Fondation ”la Caixa”, importante collection privée d’art contemporain qui a organisé plus de 200 expositions en Espagne et ailleurs.

Jusqu’au 13 avril, la Fondation propose, à travers les œuvres de dix-huit artistes issues de sa collection, une exploration de l’art contemporain par le prisme du passé avec L’image revenante. Les œuvres monumentales ont été choisies parmi les 1110 œuvres collectionnées par la banque espagnole depuis 40 ans.  

L’exposition, L’image revenante, s’articule autour de la souveraineté de l’image, celle que l’on est censé révérer ou dont il faudrait se méfier.

L’iconographie chrétienne traditionnelle perdure dans l’art contemporain, les artistes se questionnent sur l’importance des images et le rôle historique de l’iconographie religieuse. L'exposition du Musée Rath s'étend sur les trois salles du rez-de-chaussée, qui forment chacune une nef, ainsi que dans le sous-sol du bâtiment néo-classique aménagé en crypte.

Ces œuvres sont présentées pour la première fois à Genève, haut lieu historique de la Réforme.

Jorge Prado et Robert Mangold ©AAG

Vêtue en Judith, Cindy Sherman explore le thème de la décapitation d’Holopherme par Judith dans l’Ancien Testament. L’artiste américaine se met en scène devant son objectif, avec un excès de théâtralité qui nous catapulte dans une peinture baroque.

Cindy Sherman  ©MAH

Vanessa Beecroft dénonce le drame africain avec sa Madone de la Renaissance. Black Madonna with Twins est un grand tirage en couleurs. La photographe italienne a documenté l’impact colonial des actions menées par l’Eglise au Sud-Soudan en 2005.

Vanessa Beecroft  ©MAH

Crucifixion du peintre espagnol Antonio Saura est une peinture où la figure du Christ semble torturée et fait face à un univers menaçant. Saura a été confronté à la violence dès son plus jeune âge avec la période franquiste et Guernica. 

Saura ©AAG

L’installation de Jorge Prado exposée au Musée Rath n’est pas La tête dans les nuages de Magritte, mais bien une proposition aux allures de jeu formel. Un morceau de bois sculpté et poli, évoquant autant la forme d’un avion que celle d’une croix, flotte dans un ciel nuageux. 

Pour la petite histoire, à Los Angeles, à la suite de sa visite d’une importante exposition consacrée à Magritte, le sculpteur américano-cubain avait récupéré un bout de la moquette réalisée par John Baldessari dans le style du motif cher au peintre surréaliste belge.

Jorge Prado  ©MAH

D’autres artistes entourent aussi la grotte de Mike Kelly qui se déploie dans la nef centrale. Matt Mullican et ses vitraux, les 216 tableaux en plâtre colorés d’Allan McCollum, les monumentales peintures de Julian Schnabel ou encore de Robert Mangold.

Mike Kelly  ©AAG

Julian Schnabel ©AAG

Allan McCollum  ©AAG

Robert Mangold  ©MAH

Le dernier espace au sous-sol se voit lui entièrement placé sous le signe de Marcel Duchamp, artiste fondamental du XXème siècle. Le MAH a sorti de ses réserves son exemplaire de la célèbre Boîte en valise, qui fait partie de sa collection.

Le plasticien français avait imaginé une boîte pliante rassemblant son œuvre comme une sorte de petit musée portatif. 

Marcel Duchamp  ©AAG

En relation avec la reproduction du Grand verre, l’artiste Sherrie Levine revisite cette œuvre de Duchamp en 3D. Le questionnement de la paternité est au centre se sa réflexion.

Sherrie Levine  ©AAG

La sculpture de l’Américaine Rachel Harrison, le portrait de l’artiste portugais Juliao Sarmento, Pavel Büchler avec ses 78 haut-parleurs ou les artistes Concha Jerez et Dora Garcia sont aussi à découvrir.

Pavel Büchler  ©AAG

Cette exposition, inspirée par l’univers de Marcel Duchamp, interroge la façon dont les artistes se confrontent à l’histoire de l’art et à la tradition : par des hommages, des citations, des parodies, ou encore par opposition. 

Dora Garcia  ©AAG

Jusqu’au 13 avril 2025 au Musée Rath

Commissaires de l'exposition : Nimfa Bisbe, Directrice de la Collection d'Art Contemporain de la Fondation ”la Caixa” et Carlos Martín, curateur consultant.

https://www.artageneve.com/lieu/musees-fondations/musee-rath-mah